mercredi 18 novembre 2009

Cinq ONG ouvrent un camp de réfugiés au coeur de Bruxelles

Face au manque de mesures concrètes, cinq ONG - le CIRÉ, Vluchtelingenwerk Vlaanderen, Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde et Caritas International - n'ont d'autres choix que de mettre à exécution leur projet de camp de réfugiés au coeur de Bruxelles pour prendre en charge les demandeurs d'asile.

« Les jours et les nuits passent, et à ce jour, aucune assurance n'a été donnée pour permettre la prise en charge des personnes qui sont quotidiennement renvoyées à la rue par manque de capacités d?accueil », expliquent les ONG concernées. Des abris sous tentes seront montés ce mercredi 18 novembre à partir de 6 heures du matin au Parc Gaucheret à 1030 Bruxelles.
Concrètement, c'est à cette heure que devrait débuter le montage de douze tentes familiales et trois tentes dispensaires afin de fournir aux plus vulnérables de ces demandeurs d'asile, en plus d'un abri pour la nuit, un accès aux soins de santé, une assistance juridique et sociale et de la nourriture.

Vendredi dernier, les cinq ONG avaient appelé les Ministres compétents à cesser de se renvoyer la responsabilité et à trouver immédiatement une solution acceptable pour abriter les demandeurs d'asile pendant l'examen de leur dossier. Mais à ce jour, aucune mesure concrète n'est intervenue. La Belgique, comme l'ensemble des Etats membres de l'Union européenne, a le devoir de fournir un abri aux hommes, femmes et enfants qui viennent y demander l'asile légalement. Nombre d'entre eux proviennent en effet de pays en guerre ou en conflits armés.

Depuis des mois, la crise de l'accueil des demandeurs d'asile persiste et s'aggrave. A ce jour, plus de 1000 demandeurs d'asile se retrouvent sans place d'accueil et sont envoyés à la rue, à l'approche de l'hiver. Le camp mis en place par les ONG ne constitue pas la solution idéale et doit rester temporaire. Et ce ne sera malheureusement pas suffisant pour accueillir tout le monde. Il ne peut en aucun cas représenter une alternative durable aux carences d'un Etat qui, en plus d'en avoir l'obligation, dispose des moyens nécessaires pour accueillir ces personnes de manière digne et adaptée.

Les ONG demandent au gouvernement de mettre à disposition immédiatement des bâtiments libres, afin d'accueillir de manière digne tous les demandeurs d'asile qui ne se sont pas vus désigner de places d'accueil.

Communiqué MSF - 18/11/2009. Photo RTBF.

Une solidarité des anarchistes français

J'ai reçu le texte qui suit par email; il annonce une réunion publique ce 21 novembre. Les lecteurs intéressés par l'anarchie en Serbie se reporteront au site Balkanikum qui a traduit différents textes sur ce sujet. Dragan


Liberté pour les 6 de Belgrade !
Depuis le 4 sept. le pouvoir serbe retient en otage 6 compagnons de l’initiative anarchosyndicaliste (ASI-AIT) qui luttent contre tous les nationalismes et pour la justice sociale.
Ils sont inculpés de « terrorisme international » pour … un A cerclé graffité qu’ils n’ont même pas peint et deux bouteilles incendiaires qu’ils n’ont pas lancées … Les assertations du procureur sont franchement ridicules : qualifier de terrorisme un graffiti, dans un pays qui a connu récemment des épurations de population, des bombardements et des guerres civiles ; le grotesque du propos prêterait à sourire si les compagnons ne risquaient pas 15 ans de prison ! En outre, ils vont être gardés au secret pendant 6 mois (ce qu’ils sont depuis le début) dans un endroit inconnu. Ils ne sont par ailleurs toujours pas autorisés à recevoir quelque correspondance que ce soit.
Cette arrestation fumeuse, sans aucune preuve et basée sur des allégations policières mensongères, n’est pas sans rappeler les arrestations qui surviennent en France depuis plus d’un an. Il semble parfaitement évident que cette affaire a été politisée et qu’un incident mineur est outrancièrement monté en épingle. On semble donc s’orienter vers le scénario le plus sombre de la prise d’otage prolongée de nos compagnons par l’Etat Serbe.
Pendant l’époque des affrontements dans l’ex-Yougoslavie, nous avions dénoncé la politique de l’Europe et des Etats-Unis, tout en soutenant ces compagnons dont certains déjà connaissaient les géôles de la dictature de Milosevic sous les mêmes prétextes qu’aujourd’hui. Sans soutenir aucun des protagonistes étatiques, nous affirmions notre solidarité envers les populations bombardées et otages des cliques dirigeantes. Depuis, les compagnons de l’ASI-AIT sont une des rares voix qui se font entendre pour contester et oser contre-attaquer, sur des bases anti-capitalistes et anti-nationalistes claires.
Plusieurs des anarchosyndicalistes détenus, en particulier une jeune femme, ont été victimes au cours des derniers mois d’agressions caractérisées et extrêmement violentes (lapidation, coups de barre de fer) par des groupes d’extrême-droite (les mêmes qui ont assassiné Brice Taton, jeune supporter toulousain du TFC) sans que cela émeuve le moins du monde les autorités serbes. Ces groupes fascistes sévissent actuellement en toute impunité à Belgrade comme dans le reste du pays. Jusqu’à ce jour, ils bénéficient de la complicité de l’Etat Serbe.
Il faut dire qu’en Serbie, le processus de privatisation sauvage qui a suivit l’effondrement du régime communiste puis celui de Milosevic, pousse au chômage et à la misère une partie toujours plus grande de la classe ouvrière, le tout avec l’appui des partis politiques toutes tendances confondues et l’encadrement des syndicats officiels.
Nous constatons donc que l’Etat Serbe incarcère et maintient en prison les victimes des agressions fascistes sans autre raison que de réprimer leurs idées. Nous dénonçons la répression que l’Etat Serbe exerce sur des militants ouvriers pour simple délit d’opinion alors que dans le même temps il favorise la montée du nationalisme et l’expression du fascisme avec toutes les conséquences tragiques que cela entraîne.
CNT-AIT Toulouse

Réunion publique : s’organiser face à la répression !
Samedi 21 Novembre à 20h30 Salle du Sénéchal, 17 rue de Rémusat (Métro Capitole)
Prendront la parole des militants de la CNT-AIT, la CNT 31 et la CGA
avec le soutien de Solidarité Internationale Antifasciste
Voir en ligne : CNT-AIT Toulouse

dimanche 15 novembre 2009

L'État contraint de payer des dommages à une victime de torture en 1993

Le 5 novembre 2009, le Centre de Droit Humanitaire (Fond za Humanitarno Pravo) a reçu communication d'un jugement rendu par la Première Chambre du Tribunal municipal de Belgrade qui ordonne à la Serbie de payer 500.000 RSD au titre de dommages à Šefket Hukić, un Bosniaque du village de Ugao (Sjenica).
La Serbie, selon HLC, doit verser des dommages en raison de sa responsabilité pour les tortures endurées par Šefket Hukić pendant qu'il était dans les mains de la police de Sjenica en décembre 1993.
HLC, dans le cadre de son programme de soutien aux victimes des violations des droits humains, avait lancé une plainte en demande de dommages contre la République de Serbie pour Šefket Hukić le 18 avril 2007.
L'organisation voit donc son action couronnée de succès. Se reporter au site de l'association.